La vitamine C pourrait-elle aider les thérapies contre le Cancer ?

Publié le : 03/05/2019 21:16:08
Catégories : Blog

Auteur : Arnaud Lemelle - Doctor of Philosophy (Ph.D.), Nanobiotechnology/chemistry/biology | Cranfield University

Structure d’un liposome présentant une double couche de lipide et un corps aqueux contenant la vitamine C.

Tumeur, cancer, et metastases: qu’est-ce que c’est?

Nos organes, et plus généralement les tissus de notre corps, sont formées de cellules. La croissance, fonction, and localisation de chacune d’entres elles est strictement régulées, mais il arrive que ce contrôle très stricte s’enraille. Dans ce cas, les cellules commencent à se multiplier bien plus qu’elles ne devraient et peuvent parfois perdre leur fonction (leur rôle au sein du tissu) (Figure 1). Il est ainsi possible de distinguer 3 états:

La tumeur bénigne, lorsque la croissance devient trop importante mais les cellules conservent leur fonction et restent dans leur organe ou tissu d’origine. Les tumeurs ne sont pas dangereuses pour l’organisme et ne nécessitent pas forcément un traitement;

La tumeur cancéreuse, qui est caractérisée par une croissance anormale des cellules, une perte de leur fonction, et par l’invasion des tissus environnants. A ce stade, il est nécessaire de traiter la tumeur pour restreindre sa croissance et empêcher la dispersion des cellules cancéreuses, voire directement à tuer les cellules concernées;

Les métastases, lorsque les cellules cancéreuses s'échappent dans le système sanguin, voyagent dans le corps humains, et vont coloniser d’autres organes. Lors de leur établissement dans d’autres zones du corps humains, les métastases empêchent le bon fonctionnement des organes et entraînent leur défaillance. Les métastases sont la principale cause de décès causés par le cancer.

Comparaison entre la croissance normale de cellules (haut) et la croissance frnetique des cellules cancereuses

Comparaison entre la croissance normale de cellules (haut) et la croissance frnetique des cellules cancereuses

En général, ce dérèglement provient d’une succession de mutations des gènes au sein des cellules, c’est-à-dire une altération de l’ADN. Ces mutations sont responsables du comportement différents des cellules cancéreuses, en leur permettant de se multiplier de façon effrénée, d’échapper aux cellules du système immunitaire (qui sont censées les pourchasser), ou de se répandre dans le corps. Du fait du comportement aléatoire des mutations, n’importe quel gène peut être affecté, ce qui rend chaque tumeur puis chaque cancer unique et rend leur comportement imprévisible. De la même façon, les symptômes de la maladie peuvent être difficiles `déceler et varient en fonction de l’organe affecté. Par exemple, le cancer du poumon peut se déceler au travers d’une très forte toux, de sang dans les crachats, de douleurs thoraciques, ou de fatigue tandis que les symptômes du cancer de l’estomac incluront des brûlures d'estomac, des douleurs abdominales, des vomissements et des nausées, de la constipation ou de la diarrhée, une perte d'appétit, et de la fatigue.

Les principaux traitements contre le cancer

La spécificité de chaque type de cancer et le caractère aléatoire des mutations responsables du cancer fait qu’il est très difficile de trouver un ou plusieurs traitements efficaces et garantissant un rétablissement complet. La recherche de traitements contre le cancer est un domaine très actif et de nouveaux traitements expérimentaux sont régulièrement proposés et testés. Néanmoins, il existe actuellement deux méthodes principales : la radiothérapie et la chimiothérapie.

La radiothérapie est utilisée dans plus de la moitié des cas et peut être employée seule ou en combinaison avec d’autres traitements comme la chirurgie ou la chimiothérapie. Cette thérapie consiste à`envoyer un rayonnement à haute énergie, typiquement des rayons X, sur la zone où le cancer est localisé (Figure 2). Ce rayonnement tue préférentiellement les cellules cancéreuses en endommageant leur ADN, ce qui inhibe leur capacité à se multiplier frénétiquement. La destruction des cellules entraîne une réduction de la taille de la tumeur et, dans le meilleur des cas, la rémission du patient. Le rayonnement peut être émis par une machine (radiothérapie externe) ou provenir d’une source directement implantées dans le patient (curiethérapie). Dans certains cas, le patient peut se voir administrer une substance radioactive (voie orale, injection) qui va cibler préférentiellement les cellules cancéreuses (radiothérapie métabolique). Les séances de radiothérapies sont généralement courtes (pas d’hospitalisation) et les effets secondaires sont souvent moindres que pour la chimiothérapie car une plus faible proportion de tissus sains (généralement ceux environnant la tumeur) est altérée par la radiation. Bien que les cellules saines soient capables de se régénérer au cours du temps (à l’inverse des cellules cancéreuses), ces dommages sont responsables des effets secondaires. Les principaux effets secondaires sont la fatigue, un gonflement de la zone irradiée (oedème), une possible baisse des plaquettes dans le sang, et des troubles sexuels [1]. D’autres effets sont susceptibles d’apparaître en fonction de la zone et du volume irradiés, de l'état du patient, ou de sa sensibilité aux radiations (radiosensibilité).

La chimiothérapie est un traitement médicamenteux consistant à utiliser des agents chimiques pour agir dans leur processus de division cellulaire (responsable de leur croissance rapide) ou pour endommager directement leur ADN en favorisant le production de certaines espèces chimiques réactives, les plus connues étant appelées radicaux libres. Cette thérapie remonte au début des années 1950 et il existe actuellement 6 grands groupes d’agents thérapeutiques: les antimétabolites, les médicaments alkylants, les alcaloïdes dérivés de plantes, les taxanes, les antibiotiques antitumoraux et enfin les anticorps monoclonaux. Les médicaments sont administrés par perfusion mais peuvent parfois l’être par voie orale sous forme de comprimés/gélules. La méthode d’administration est généralement basée sur le type de médicament et le type de cancer. Les agents therapeutiques peuvent avoir des mécanismes d’action différents, mais leur objectif est d’enrayer le fonctionnement des cellules se reproduisant plus rapidement que la normale - telles les cellules cancéreuses - et entraîner leur destruction.

C’est également la principale faiblesse de la chimiothérapie : d’autres cellules telles celles présentes dans les racines des cheveux (responsables de la pousse des cheveux), cellules sanguines, certaines cellules dans l’intestin (responsables de la régénération des tissus dans l’intestin) sont également affectées par les médicaments. Il n’existe, à l’heure actuelle, pas de méthode pour rendre la chimiothérapie plus spécifique et cibler préférentiellement les cellules cancéreuses. Le fait que des cellules saines soient affectées génère de nombreux effets secondaires, les plus connus étant la perte de cheveux (cf cellules des racines de cheveux), nausées, vomissements, et diarrhées (cf cellules dans l’intestin), baisse des globules rouges et plaquettes (cf cellules sanguines), et d’autres effets variables en fonction du type d'agent, du dosage, etc. [2].

En plus des effets secondaires, le succès de la chimiothérapie n’est pas garantie et dépend du type de croissance des tumeurs/cancers (les leucémies, par exemple se divisent/multiplient continuellement et sont donc plus sensibles) ainsi que de son ancienneté (les tumeurs les plus jeunes sont plus facilement impactées).

La vitamine C prise en supplément pourrait aider les thérapies

Avant de poursuivre, il est nécessaire de clarifier que la vitamine C ne se pose pas comme un traitement alternatif contre le cancer. Cette avertissement est nécessaire compte-tenu d’un débat houleux au Québec et de 2 pétitions déposée à l’Assemblée Nationale du Québec pour faire autoriser les injections de vitamine C dans les cas de cancer (toutes deux ignorées). Cette situation semble provenir d’un problème de désinformation et/ou d'incompréhension suite à un reportage [3], mais il est important de préciser qu’aucune étude scientifique ou clinique ne supporte la prise de vitamine C en tant que traitement [4].

Le lien entre cancer et vitamine C tient en son activité antioxydante [5]. De manière générale, les antioxydants protègent contre les radicaux libres, tels ceux générés par les médicaments employés en chimiothérapie ou induits au sein des cellules par les rayonnements durant une radiothérapie. Ainsi, un des intérêts de la vitamine C dans le traitement du cancer serait de réduire les effets secondaires et de rendre les traitements plus tolérables pour les patients [6]. Les propriétés antioxydantes de la vitamine C la rendrait intéressante pour la chimiothérapie et pour la radiothérapie [7]. Plus précisément, les premières études de l'utilisation de la vitamine C en tant que supplément au traitement du cancer portent sur la forme injectée, la forme orale traditionnelle ne permettant pas d’atteindre une concentration en vitamine dans le sang suffisante [5]. La vitamine C prise par voie orale pourrait même interférer avec les médicaments utilisés durant les séances de chimiothérapie [8]. La vitamine C injectée, en revanche, a vu une limitation significative des effets secondaires chez des patients en cours de traitement chimiothérapique, notamment chez des femmes atteintes de cancer de l’ovaire [6] et du sein [9]. D'autres études suggèrent que la forme injectée n’interfère pas avec les agents utilisés en chimiothérapie et semblerait rendre le traitement plus supportable [10, 11]. Un effet similaire semble avoir été observé chez des femmes souffrant d’un cancer du sein et traitées par radiothérapie, ce qui suggère que la vitamine C pourrait se révéler utile quand administrée en même temps que ces deux types de traitement [7].

La vitamine C présente également une deuxième propriété pouvant jouer un rôle dans le traitement du cancer: son caractère pro-oxydant. A la différence des propriétés antioxydantes qui lutte contre les radicaux libres, les molécules pro-oxydantes sont capables de générer ces espèces chimiques et donc d’endommager la membrane des cellules environnantes. Dans le cas de la vitamine C, la propriété prévalente dépend des conditions dans lesquelles se trouvent la molécule. Il semble que la vitamine C soit capable d’agir comme un pro-oxydant et par extension de démontrer des capacités anticancéreuses, mais les recherches à ce sujets sont encore balbutiantes [12].

La recherche continue

Bien que les études mentionnées précédemment soient prometteuses, il est important de garder un esprit critique [4]. Tout d’abord, la vitamine C injectée est testée en condition de forte surdosage, ce qui peut signifier plusieurs injections par jours et peut se révéler coûteux sur le long terme (par exemple, une injection au Canada coûte 200 dollars [1]), sans compter les nombreuses piqûres qu’un tel traitement requiert.

Deuxièmement, beaucoup d'études portent sur des cellules et non des patients, il est donc hâtif de tirer des conclusions quant à un possible effet positif mais plutôt considérer que ce sont des résultats prometteur nécessitant d’être approfondis. De la même manière, les études cliniques restent peu nombreuses et limitées, nécessitant plus de temps et de patients pour déterminer les effets exacts de la vitamine C prise en tant que complément aux traitements du cancer. Enfin, toutes les études ne concluent pas que la vitamine C amènent à une limitation des effets secondaires ou ne démontrent pas d’effet particulier.Il existe une multitude de paramètres, tels le type de cancer étudié, l’état et nombre de patients inclus (ou de cellules/animaux étudiés), la dose de vitamine C et le nombre d'injections par jour, etc. que certaines études vont nécessairement observer des effets et d’autres non. Cela souligne d’autant plus le besoin d’être patient et d’attendre des études supplémentaires et un éclaircissement quant aux effets exacts de la vitamine C chez des patients traités pour un cancer.

La vitamine C liposomale, c’est-à-dire encapsulée dans une particule de très petite taille appelée liposome, apparaît comme une alternative aux injections de vitamine C [5]. Sous cette forme, il est possible d’atteindre de fortes concentrations en vitamine dans le sang tout en s’assurant une présence plus longue puisque les liposomes sont capables de rester en circulation jusqu’à 8 heures après ingestion. L’encapsulation de la vitamine C dans des liposomes offre de nombreux avantages pour des patients sains et apparaît comme la voie la plus prometteuse pour atteindre la dose journalière de vitamine recommandée [5]. Si les résultats des études mentionnées dans ce articles sont confirmées, nul doute que la vitamine C liposomale se positionnera comme la forme la plus adaptée de complément aux traitement du cancer grâce à ses nombreux bénéfices.

Pour conclure, d’une manière générale peu d'élément ou d’étude scientifique ne permettent d’affirmer que ces traitements conventionnels ou alternatifs soient efficaces pour la rémission des cancers chez 100% des patients. La recherche actuelle sur les traitements conventionnels est portée sur la dose minimum à ne pas dépasser, afin de limiter les effets secondaires. Il semblerait peut-être qu’une approche combinée de ces deux types de traitements conventionnels et alternatifs pourrait faire avancer la recherche contre le cancer ?

Goldman Laboratories sont leader dans la recherche et fabrication des produits à encapsulation liposomale, parmi lesquels figure une forme hautement biodisponible de la vitamine C, la VITAMINE C LIPOSOMALE 500MG. En utilisant un produit de haute qualité, une véritable supplémentation de vitamine C liposomale, il est possible d'obtenir des doses appropriées de vitamine C.

REFERENCES

References:

[1] : https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Se-faire-soigner/Traitements/Radiotherapie/Effets-secondaires/Effets-secondaires-generaux

[2] : https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Se-faire-soigner/Traitements/Radiotherapie/Effets-secondaires/Effets-secondaires-generaux

[3] : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1081936/sante-cancer-injections-de-vitamine-c-ontario-reclamees-quebec

[4] :  http://lepharmachien.com/injections-vitamine-c/

[5] : https://www.goldmanlaboratories.com/fr/blog/quest-ce-que-la-vitamine-c-liposomale-n17

[6] : Fuchs-Tarlovsky V. Role of antioxidants in cancer therapy. Nutrition. 2013;29(1):15-21

[7] : Choi JKim J. High Dose Intravenous Vitamin C during Radiotherapy Impact on Breast Cancer Recurrence. Korean Journal of Family Practice [Internet]. 2014, 4(4):328-334

[8] : Heaney M, Gardner J, Karasavvas N, Golde D, Scheinberg D, Smith E et al. Vitamin C Antagonizes the Cytotoxic Effects of Antineoplastic Drugs. Cancer Research. 2008;68(19):8031-8038.

[9] : Ma Y, Chapman J, Levine M, Polireddy K, Drisko J, Chen Q. High-Dose Parenteral Ascorbate Enhanced Chemosensitivity of Ovarian Cancer and Reduced Toxicity of Chemotherapy. Science Translational Medicine. 2014;6(222):222ra18-222ra18.

[10] : Block K, Koch A, Mead M, Tothy P, Newman R, Gyllenhaal C. Impact of antioxidant supplementation on chemotherapeutic efficacy: A systematic review of the evidence from randomized controlled trials. Cancer Treatment Reviews. 2007;33(5):407-418

[11] : Block K, Koch A, Mead M, Tothy P, Newman R, Gyllenhaal C. Impact of antioxidant supplementation on chemotherapeutic toxicity: A systematic review of the evidence from randomized controlled trials. International Journal of Cancer. 2008;123(6):1227-1239

[12] : Lee W.J., The Prospects of Vitamin C in Cancer Therapy, Immune Netw. 2009 Oct;9(5):147-52

Articles en relation

Partager ce contenu

Ajouter un commentaire

 (avec http://)